Freelance, comment gérer sa mutuelle ?

 

Comment gérer sa complémentaire santé quand on s’installe en indépendant ? Conserver son ancienne mutuelle, profiter de celle de son conjoint ou souscrire à une nouvelle offre : nos trois propositions pour vous y retrouver.

 

 


Option 1 : conservez votre mutuelle

Lorsque vous quittez votre dernier employeur, la loi vous autorise à bénéficier gratuitement de votre ancienne mutuelle jusqu’à 12 mois : c’est ce qu’on appelle la portabilité.

Cette portabilité couvre les fins de contrats en cas de démission, rupture conventionnelle et même licenciement. En fait il n’y a que deux conditions à remplir pour en bénéficier, et une limite de temps : 

  • Vous devez être éligible à une indemnisation par Pôle Emploi 
  • Si vous avez été licencié, le motif invoqué ne doit pas être la faute lourde 
  • Cette portabilité a une durée maximale de 12 mois, ou bien la durée de votre dernier contrat de travail si celle-ci était inférieure à 12 mois.

Une fois vos droits à portabilité épuisés, il vous faudra une autre solution. Par défaut, votre mutuelle vous adressera alors une proposition commerciale pour continuer à vous couvrir : vous pourrez bien-sûr l’accepter, mais cette proposition individuelle sera forcément moins avantageuse que votre ancien contrat entreprise, et de notre expérience elle est rarement la meilleure option financière.

Plus de détails sur la portabilité

 

Option 2 : profitez de la mutuelle de votre conjoint

Cette option est sans doute notre favorite pour être couvert à moindre coût. Elle est aussi soumise à deux conditions, triviales on l’avoue :

  • Vous devez avoir un conjoint !
  • Votre conjoint doit travailler dans une société qui autorise cette possibilité

De nombreuses entreprises, pas seulement les plus importantes, intègrent à leur contrat de complémentaire santé la possibilité de couvrir le conjoint qui en fait la demande. Fonction des dispositions prises par l’entreprise cette inscription peut être gratuite, ou souvent à un prix très inférieur à celui d’une adhésion individuelle à une solution du marché. A contrario, les prestations sont celles qui ont été négociées à l’échelle de l’entreprise : vérifiez toujours les conditions d’adhésion, mais le rapport qualité / prix d’une telle solution est en général assez imbattable.

De notre expérience, ça vaut donc vraiment le coup de demander à son conjoint de passer une tête au service RH de l’entreprise pour se renseigner. Il est à noter que si vous n’êtes ni marié ni pacsé, un certificat de concubinage délivré en mairie ou même une simple déclaration signée par vous et votre conjoint doivent suffire. Si vous êtes éligible cette option est un réel bon plan, économique et pérenne.

 

Option 3 : souscrivez à une nouvelle offre

Lorsque la portabilité et le partage de la mutuelle avec un conjoint ne sont pas ou plus des options, il faut bien se résoudre à aller regarder le marché.

Les différentes offres sont souvent compliquées à comparer, et les critères prioritaires de remboursement sont fonction des besoins de chacun (optique, dentaire, appareillage…). Si une bonne habitude est de mettre plusieurs mutuelles en concurrence, les retours de notre communauté montrent qu’il est intéressant de mettre en concurrence les acteurs historiques et les nouveaux : chez les historiques on peut citer entre autres Allianz ou Harmonie Mutuelle qui ont de nombreuses offres y compris pour les indépendants ; chez les nouveaux acteurs certains se sont spécialisés dans le service aux indépendants, comme WeMind qui propose des offres packagées avec d’autres services (protection juridique, CE…), ou le pure player Alan.

D’un point de vue comptable, vous avez intérêt à financer votre mutuelle avec votre structure plutôt que sur vos deniers personnels : c’est une charge qui diminuera d’autant votre bénéfice et donc vôtre impôt. D’un point de vue fiscal si vous êtes Travailleur Non Salarié (TNS), typiquement gérant non-salarié en EURL, la loi Madelin vous permet également de déduire de votre revenu imposable les cotisations versées au titre d’un contrat Madelin (mutuelle, mais aussi prévoyance, retraite ou perte d’emploi) dans la limite d’un plafond fiscal. Les quatre acteurs cités plus haut respectent tous les obligations légales pour bénéficier de cet avantage fiscal.